Historique

Depuis son installation au fort d’Ivry, en 1946, le service cinématographique des armées (SCA) propose aux personnels militaires et civils de la Défense de suivre des formations aux métiers de cadreur, preneur de son, photographe et projectionniste. Par sa dimension exceptionnelle, étant alors le premier producteur cinématographique de France, le service devient de ce fait une école  d’application des métiers du cinéma et de la photographie, bien qu’elle ne dispose pas du statut.F-49-50-G1-img-f-2560

Son rôle de formateur est renforcé à partir des années 1960 lorsque le SCA devient ECA (Établissement cinématographique des armées). Une section « Instruction » est spécialement constituée, elle-même rattachée à la division des moyens de diffusion techniques et d’instruction. Cette branche de l’ECA encadre les stagiaires originaires des trois armées, ainsi que des élèves étrangers. Beaucoup de stagiaires viennent des anciennes colonies devenues indépendantes (Cameroun, Tunisie, Maroc).

Chaque année, la section « Instruction » forme mille deux cents projectionnistes qui travailleront dans les unités Terre, Air et Marine pour projeter les films d’instruction et de divertissement destinés aux militaires de carrière et aux appelés du contingent.

F-58-98-RC56-img-f-2560Le service militaire obligatoire offre à l’établissement un « vivier » de compétences où de jeunes diplômés des écoles de cinéma (IDHEC  devenu FEMIS1, Louis Lumière, les Gobelins, CFPJ2) viennent effectuer leurs obligations militaires. Ces derniers trouvent au fort d’Ivry la possibilité de participer à la réalisation de courts métrages ou de numéros d’actualités, devenant réalisateurs à l’image de Claude Lelouch (1958-1960), ou de perfectionner leur maîtrise du cadrage en permettant le développement de projets novateurs, avec, par exemple, le système LOUMA développé par Alain Masseron et Jean-Marie Lavalou en  1972 et qui a reçu un oscar technique en 2005. Les appelés du contingent peuvent prolonger leur formation en signant un engagement de deux années (VSL : volontaire service long). L’établissement propose  également des formations « sur le tas » aux soldats qui n’ont pas d’expérience dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel, dont certains deviendront des professionnels reconnus au sein de la profession à l’instar de Jean-Claude Larrieu, directeur de la photographie ayant une carrière internationale (le Garçu, les Femmes du 6e étage, Alceste à bicyclette).

Dans les années 1990 à 2000, le pôle « Formation » de l’ECPA poursuit le travail à destination des personnels de l’établissement et également auprès des personnels de la Défense. En 2000, plus de mille heures de formation sont dispensées au sein du fort d’Ivry.

En parallèle à l’ECPA, chaque armée développe des circuits de formations aux métiers de l’image et du son. L’armée de terre assure une formation audiovisuelle à Montargis puis Rennes, délivrée par l’arme des transmissions. Dès 1978, l’armée de l’air développe le site de Rochefort Saint-Agnant où la formation aux métiers de la reconnaissance photographique est déclinée en formation de photocommunication. En 1996, la marine nationale prend le commandement de cette formation avant de la rendre à l’armée de l’air  en 2002. Sont alors rattachés les personnels de l’armée de terre et de la gendarmerie qui suivent les mêmes formations aux métiers de l’audiovisuel. L’année 2010 annonce la naissance de l’École des métiers de l’image (EMI) installée au fort d’Ivry, permettant à l’ECPAD de renouer avec son histoire de pôle de formation aux métiers de la communication audiovisuelle. En 2013, l’EMI a accueilli les premiers stagiaires des trois armées et de la gendarmerie aussi bien dans le cadre de leur formation de cursus que dans des formations d’adaptation à l’emploi.